La vérité sur le choix du vaccin AstraZeneca

Vaccin Covid19

Sur fond d’incertitudes sur les impacts sur le génome humain et au regard de son coût, l’AstraZeneca fut le choix pour vacciner les personnes de plus de 55 ans pour limiter les éventuelles risques à long terme du vaccin sur le reste de la population tout en soignant les plus vulnérables. Stratégie gagnant/gagnant ?

Les différents types de vaccins

Il existe trois méthodes principales de fabrication d’un vaccin. Leurs différences résident dans la question de savoir s’ils utilisent un virus en entier, uniquement les parties du germe qui déclenche le système immunitaire ou uniquement le matériel génétique qui fournit les instructions pour la fabrication de protéines spécifiques et non pas le virus en entier.

Les différents procédés de fabrication d'un vaccin
Les différentes méthodes de fabrication d’un vaccin (source : OMS)

1. La méthode conventionnelle : les vaccins à virus (inactifs ou atténués)

La première façon de fabriquer un vaccin est de prendre le virus ou la bactérie porteur de la maladie, ou un très semblable à celui-ci, et de l’inactiver ou de le tuer à l’aide de produits chimiques, de chaleur ou de rayonnements. Cette méthode utilise une technologie qui a fait ses preuves chez l’homme – en effet, c’est ainsi que sont fabriqués les vaccins contre la grippe –

Une autre méthode conventionnelle est d’utiliser un virus vivant atténué (vivant mais affaiblie) ou une version très similaire. Le vaccin antirougeoleux-anti-ourlien-antirubéoleux (ROR) et le vaccin contre la varicelle et le zona sont des exemples de ce type de vaccin. Cette méthode utilise une technologie similaire au vaccin inactivé et peut être fabriquée à grande échelle. Cependant, ce type de vaccins ne convient pas aux personnes dont le système immunitaire est affaibli.

C’est le cas du vaccin chinois Sinopharm, dont l’efficacité est annoncée à près de 79%.

Et pour des raisons diplomatiques malheureusement évidentes (et totalement inappropriées), ce vaccin n’a pas été retenu par nos gouvernements, alors que les méthodes de fabrications sont éprouvées depuis des décennies et pour lesquelles nous avons le plus de recul.

2. Autre méthode conventionnelle : les vaccins à protéines, dits sous-unitaires

Un vaccin sous-unité n’utilise que les parties très spécifiques (les sous-unités) d’un virus ou d’une bactérie que le système immunitaire doit reconnaître. Il ne contient pas le microbe en entier et n’utilise pas un virus sûr comme vecteur. Les sous-unités peuvent être des protéines ou des sucres. La plupart des vaccins figurant sur le calendrier d’administration pendant l’enfance sont des vaccins sous-unité, protégeant les individus contre des maladies telles que la coqueluche, le tétanos, la diphtérie et la méningite à méningocoque.

Le vaccin du laboratoire américain Novavax, à venir, est un vaccin à « protéines recombinantes ».
Le vaccin de Sanofi-Pasteur/GSK (en cour de développement) utilise aussi cette technologie.

3. L’utilisation de la génétique : l’adénovirus (vecteur viral) ou le messager ARN

L’adénovirus (ou vecteur viral)

Ce type de vaccin utilise un virus sûr pour fournir des sous-parties spécifiques – appelées protéines – du germe voulu afin qu’il puisse déclencher une réponse immunitaire sans provoquer de maladie. Pour ce faire, les instructions pour la fabrication de ces fragments particuliers de l’agent pathogène voulu sont injectées dans un virus sûr. Le virus sûr sert alors de plateforme ou de vecteur pour relâcher la protéine dans l’organisme.  La protéine déclenche la réponse immunitaire.

La « plateforme » adénovirus du Singe est déjà utilisée pour un vaccin contre Ebola et pour plusieurs candidats vaccins en cours d’essai clinique contre la grippe, le VIH, l’hépatite C, le paludisme, la tuberculose et le cancer de la prostate.

Les virus vecteurs, même inoffensifs, peuvent affecter des cellules dans lesquelles un dysfonctionnement existe et aggraver une maladie en cours, ignorée ou non.

Le vaccin d’AstraZeneca et le vaccin à injection unique de Janssen (Johnson & Johnson) sont des vaccins à adénovirus.
Le vaccin Spoutnik V russe est aussi à vecteur viral.

Les innovations scientifiques : le messager ARN

Contrairement aux méthodes qui utilisent un microbe en entier affaibli ou mort ou des parties d’un microbe, un vaccin à base d’acides nucléiques utilise simplement un fragment de matériel génétique qui fournit les instructions pour des protéines spécifiques, et non pas le microbe en entier. L’ADN et l’ARN sont les instructions que nos cellules utilisent pour fabriquer des protéines. Dans nos cellules, l’ADN est d’abord transformé en ARN messager, qui est ensuite utilisé comme modèle pour fabriquer des protéines spécifiques.

Un vaccin à base d’acides nucléiques fournit un ensemble spécifique d’instructions à nos cellules, que ce soit sous forme d’ADN ou d’ARNm, pour que celles-ci fabriquent la protéine spécifique que nous souhaitons que notre système immunitaire puisse reconnaître et combattre. 

La technique à base d’acides nucléiques est une nouvelle façon de développer des vaccins. Avant la pandémie de COVID-19, aucun vaccin de ce type n’avait encore été soumis au processus complet d’approbation pour une utilisation chez l’homme, bien que certains vaccins à ADN, y compris contre certains cancers, faisaient l’objet d’essais sur l’homme.

Le vaccin tozinaméran de Pfizer-BioNtech et le vaccin de Moderna sont des vaccins à ARN (ARNm).

Les vaccins à ARN déposent leurs instructions génétiques dans l’espace cellulaire où elles sont lues et traduites sans possibilité d’incorporation dans nos génomes alors que les adénovirus injectent leur « message » sous forme d’ADN dans le noyau des cellules. Il a été démontré, même si cela semble rare, que l’ADN du vecteur peut occasionnellement s’intégrer dans le génome de la cellule hôte de façon aléatoire. La possibilité qu’il interagisse alors avec certains de nos gènes et dérègle des mécanismes cellulaires ne peut être écartée.

Enfin, tous les vaccins (à ARN et adénovirus) n’utilisent qu’un seul antigène vaccinal, la fameuse protéine Spike, pour immuniser les personnes. C’est un défaut majeur car nous sommes face à un virus qui mute souvent et produit de nombreux variants, dans lesquels Spike se modifie sans cesse (l’AstraZeneca n’est efficace qu’à 22% contre le variant brésilien)

Grâce à cette épidémie, les laboratoires pharmaceutiques ont pu dépasser le stade des essais cliniques pour des essais à grande échelle … l’avenir nous dira si ce type de vaccin aura des séquelles sur nos organismes, notamment sur les générations descendantes. On comprend dès lors que le Pfizer-BioNTech fut « réservé » en France aux personnes âgées et l’AstraZeneca aux plus de 55 ans (peu de risque d’impact par hérédité).

Espérons que d’ici là, Sanofi aura développé son vaccin conventionnel pour le reste de la population.

Quels coûts pour quels vaccins ?

Le choix du vaccin AstraZeneca par la France (et plus largement par l’Europe) pour lutter contre la Covid19 a essentiellement été pris pour des raisons financières alors que son procédé de fabrication n’est pas conventionnel et dont les risques ne sont ni mesurées ni maîtrisés sur le génome humain. Pourtant, d’autres vaccins sont disponibles sur le marché (notamment chinois et russes) et issus d’une fabrication plus conventionnelle des vaccins, à l’opposé du Pfizer et du Moderna, présentés comme la « rolls » des vaccins, sont des innovations technologies jamais encore utilisé à une telle échelle.

En résumé

LaboratoiresPaysTypeEfficacité annoncéPrix à l'unité (en euro)Nombre de doses nécessaires
Pfizer-BioNTechGermano-américainGénétique95%122
ModernaEtats-UnisGénétique94%14.682
AstraZenecaRoyaume-UniGénétique70%2.52
Johnson&JohnsonEtats-UnisGénétique71 ou 2
Sanofi/GSKFranco-britanniqueConventionnel7.562 ?
NovavaxEtats-UnisConventionnel2
Spoutnik-VRussieGénétique91%82
SinopharmChineConventionnel79%2

Sources : OMS, News-Medical, Psychomédias, Mesvaccins, Ouest France,
Crédit images : OMS, AFP

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