Le développement de l’agriculture biologique

Agriculture biologique

Malgré une politique volontariste de l’Union Européenne en matière d’agriculture, la France n’échappera au développement nécessaire de l’agriculture biologique pour sa survie dans un avenir proche.

L’agriculture française : un secteur économique à fort enjeu, soutenu par une politique volontariste de l’Union Européenne

L’agriculture : source de croissance et d’emploi d’une activité française historique

La France est le 1er pays producteur agricole de l’Union Européenne avec 516 000 exploitations en 2010 ; elle représente 18% de la production européenne en 2014. L’agriculture française se décompose en 2 activités : l’élevage (la France est le 2ème producteur laitier de l’UE et le 1er producteur de viande) et le végétal, qui regroupe en majorité les céréales (27% de la production française en 2013, dont plus de 50% de blé) et la viticulture. Au niveau mondial et à titre de comparaison, la France produit 1.7% de la valeur agricole mondiale (avec 1.8% de sa population active dédiée à l’agricole), valeur équivalente à celle d’un pays comme la Russie, 25 fois plus grand et dont 7.5% de la population active travaille en exploitation agricole.

En découlent de forts enjeux économiques pour la France. L’agriculture est dont dans un premier temps source de croissance, avec 1.3% du PIB en 2013, grâce notamment aux fortes exportations dans ce domaine : la France est le 7ème pays exportateur de denrées au niveau mondial, où l’on retrouve essentiellement le vin et le blé. Enfin, l’activité agricole est également source d’emplois, avec 922  000 emplois recensés en exploitations agricole (représentant 4.8% de l’emploi total en France)

La politique agricole comme (PAC) : un outil de développement de l’agriculture française et européenne

A la sortie de la 2nde Guerre Mondiale, l’un des objectifs de l’Europe était s’assurer la sécurité alimentaire de ses concitoyens. Aussi, les pays fondateurs de l’Europe inscrivirent les objectifs de développement de l’agriculture dans le Traité de Rome : accroître la productivité agricole, assurer un niveau de vie équitable aux agriculteurs, stabiliser les marchés, garantir la sécurité d’approvisionnement, assurer des prix raisonnables aux consommateurs ; la politique agricole commune (PAC) était née.

Par la suite, la PAC a subi plusieurs réformes, dont le changement de paradigme en 1992 : depuis cette année, les soutiens sont apportés aux producteurs et non plus aux produits, avec l’ajout d’une dimension environnementale. Plus récemment, la réforme de la PAC pour la période 2015-2020 vise la garantie d’un approvisionnement stable de denrées de haute qualité et d’une meilleurs protection de l’environnement ;  cette dernière réforme n’est pas pour autant sans difficultés de mise en œuvre, en particulier pour les mesures de verdissement (diversification des cultures, maintien des prairies permanentes et préservation des surface d’intérêt écologique).

Les mutations nécessaires de l’agriculture française face à la mondialisation

Les difficultés économiques rencontrées par l’agriculture française sont les conséquences de la PAC et de la mondialisation

Du fait de la mondialisation, la valeur de la production agricole totale hors subvention a diminué de 16% en 44 ans et la part des emplois dans ce secteur est passé de 31% en 1955 à 4.8% en 2000. Ceci est la conséquence directe de la forte baisse des produits agricoles et d’un déséquilibre offre/demande, l’offre augmentant plus rapidement que la demande dans le jeu de la concurrence mondiale (cet effet est appelé effet King, de l’économiste du même nom).

En parallèle, du fait de la PAC, les prix de marché payés aux producteurs se sont alors très souvent retrouvés fixés au niveau des prix de soutien qui protégeaient les agriculteurs d’une baisse plus forte pour se rapprocher de ceux du marché mondial. Les prix de soutien étant revalorisés en général moins que l’inflation, ils n’ont pas empêché la baisse des prix payés aux producteurs. Après la réforme de la PAC en 1992, la forte baisse des niveaux de prix de soutien a rapproché les prix européens des cours mondiaux. L’exemple le plus récent est la fin des quotas laitiers mis en place au 1er avril 2015 soumettant les agriculteurs à une plus forte volatilité des prix et ayant pour conséquence directe la crise du marché du lait de ces dernières années.

En outre, l’agriculture est soumis aux aléas climatiques, dont les phénomènes liés au réchauffement climatique influent directement sur la production ; en 2015, la sécheresse a fait reculer la production végétale de 3.6% quand les fortes pluies de 2014 ont fait reculer la production de céréales de 29%.

En conséquence, la part de l’agriculture dans l’économie française est passée de 4 en 1980 à 1.7% en 2014 d’après la Banque Mondiale et portant la part de la population active dans ce secteur de 31 en 1955 à 3.3% en 2016. Les exploitations agricoles deviennent pour leur part de plus en plus endettées (200 000 euros de dettes en moyenne par exploitation)

Une professionnalisation de l’activité agricole et des produits plus respectueux de l’environnement pour sauver la filière

Face à la mondialisation, l’activité agricole se professionnalise : les exploitations familiales cèdent leur place à l’activité d’entreprise augmentant ainsi la taille des exploitations (en 1955, 0.8% des exploitations étaient supérieures à 100 ha et 80% inférieures à 20 ha ; en 2000, 12% sonr supérieures à 100 ha). En outre, les terres cultivée sont redistribuées entre les différentes productions, dans un processus de modernisation et de recherche de productivité.

Par ailleurs, l’agriculture biologique a vu ses parts de marché progresser sous l’impulsion d’une demande en augmentation (64% des français ont consommé bio en 2012 et 43% sont des consommateurs réguliers), de prix de vente intéressant (par exemple, 450€/t de lait bio contre 257€ pour du lait standard) et d’une politique volontariste (au travers des mesures environnementales de la PAC et des incitations, comme l’augmentation de 50% des aides du Ministère de l’Agriculture). A cela s’ajoutent les contraintes sur l’utilisation des produits phytosanitaires découlant de la directive 2009/18/CE dont l’objectif est de réduire de 50% en 10 ans le recours à ces produits. On constate dès lors une augmentation de 10% au 1er semestre 2016 des agriculteurs en reconversion dans le bio ; en 2015, 26 644 exploitations bio étaient recensées, en progression de 4% par rapport à 2013.

C’est dont sur ces deux points (la professionnalisation et la conversion puis le développement à/de l’agriculture biologique) qu’il faut agir pour permettre à l’agriculture française d’avoir un avenir.

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